Pour ceux qui s’intéressent à ma technique :
Je travaille surtout la terre que je fais reproduire en bronze ou en résine, mais aussi le plâtre, le bois, la cire, le béton cellulaire, l’albâtre, le marbre ou le polystyrène expansé.
Quand je commence un nu, l’essentiel de mon travail, je le réalise d’abord en terre face à un modèle vivant. J’attaque la terre en taillant dans la masse, comme je le ferais d’un bloc de pierre.
Je place toujours ma terre sur un plateau tournant et je dispose un miroir derrière mon travail pour avoir constamment la vision de l'autre côté. En plus, j'essaye de ne pas oublier de regarder ce que je fais en me plaçant souvent au-dessus et aussi en me reculant de quelques pas pour avoir une vision d'ensemble de loin.
C’est quand la pièce prend forme que je peux alors décider de la terminer en terre et de la faire mouler pour la reproduire en résine ou en bronze.
Ou bien, à partir de cette étude en argile, je peux réaliser une grande sculpture qui sera alors plutôt de style contemporain, stylisée, mais toujours issue de la représentation de mon modèle vivant. Le choix de la matière sera tout à fait différent. Je prendrai soit du béton cellulaire soit du polystyrène expansé ou extrudé surtout à cause du poids; pour moi il est important d’arriver à bouger ma sculpture, en chantier, toute seule. Bien sûr il faut, dans ce cas-là aussi, mouler pour arriver à la sculpture définitive en bronze ou en résine.
Je passe beaucoup de temps sur les patines de mes terres, de mes résines et même de mes bronzes. C’est magique la transformation d’une sculpture par la patine !
Toutes ces années consacrées à la sculpture ont passé comme un rêve. Et maintenant, à près de quatre-vingts ans, cette envie de sculpter me tient toujours et j’espère la conserver jusqu’à la fin de ma vie.